1998 : les bases du redressement de Rhodia
(Paris, le 27 janvier 1999)
Rhodia, l'un des leaders mondiaux de la chimie de spécialités, annonce un premier résultat net bénéficiaire de +116 millions d'euros
(contre -1 117 millions d'euros pour 1997).
" Ce premier résultat bénéficiaire est en ligne avec notre plan de marche et les attentes de nos actionnaires - a déclaré Jean-Pierre Tirouflet, Président-Directeur Général de Rhodia - Il signifie que l'ensemble de Rhodia est désormais sous tension et focalisé sur des objectifs de rentabilité. Il constitue la base du redressement de Rhodia car de nouveaux progrès sont attendus dès 1999. "
I / - 1998 : une première étape de progrès
Marge brute d'exploitation de 11,9 % à 14,5%
Résultat net de -132 millions d'euros à 189 millions d'euros
Retour sur capitaux engagés de 5,6% à 9,3%
(base historique hors éléments exceptionnels)
Issue du rapprochement des secteurs Fibres & Polymères et Chimie de Rhône-Poulenc, Rhodia, créé en 1998, se positionne d'emblée comme chimiste de spécialités avec des positions mondiales dans des activités moins cycliques et à plus forte valeur ajoutée.
Le nouveau Groupe, composé de 5 Divisions mondiales supervisant 26 Entreprises responsables de leurs résultats, affirme sa volonté d'atteindre rapidement le niveau de rentabilité des meilleurs de son secteur.
a) - Principaux résultats 1998
(hors résultats exceptionnels)
* Les chiffres pro forma intègrent 2 ajustements :
- impacts des changements de périmètre
- intégration des nouvelles relations avec Rhône-Poulenc
b) - Bonne résistance de l'activité
Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires s'élève à 5 537 millions d'euros contre 5 703 millions d'euros en 1997 pro forma, en retrait de 2,9% du fait principalement de la baisse des volumes intervenue au cours du second semestre. En revanche, le niveau des prix reste stable (-0,2%) démontrant ainsi la faible cyclicité de nos activités.
L'effet conversion est faible (- 0,5%), la hausse modérée du cours moyen du dollar (+1,1%) et de la livre sterling (+2,3%) ayant été compensée par la dépréciation des devises asiatiques.
L'exercice 1998 s'est révélé très contrasté :
> forte activité au 1er semestre avec une progression marquée des activités Polyamide, Acetow, Eco Services et Polyester,
> retournement au second semestre avec une forte baisse de volumes par rapport au second semestre 1997, pesant principalement sur le Polyamide, les Terres Rares et les Phosphates aux Etats-Unis.
L'activité globale de Rhodia traduit cependant la capacité de résistance du Groupe aux effets de conjoncture et les efforts accomplis sur son portefeuille d'activités.
Elle s'explique également par une répartition géographique de ses activités favorable, 80% de ses ventes étant réalisés dans des pays occidentaux.
c) - Augmentation de 17,7% du résultat brut d'exploitation (EBITDA)
Avec 801 millions d'euros en 1998, l'EBITDA progresse de 17,7% sur l'exercice antérieur (681 millions d'euros en 1997 pro forma). Ce progrès est lié en partie à la baisse du prix des matières premières (indice 94 en 1998 pour un indice 100 en 1997), et également à la réduction de 5% des autres frais de production liée aux actions de productivité engagées dans les usines. L'ensemble des activités a contribué à ce résultat, à l'exception des Spécialités pour Produits de Consommation et Spécialités pour Produits Industriels, mais ces deux Divisions ont lancé des programmes de restructuration approfondie en 1998.
d) - Nouvelles actions de productivité
Afin d'atteindre rapidement les objectifs qu'elle s'est fixés, Rhodia a lancé de nouvelles actions de productivité. 85 millions d'euros de provisions ont été passés en 1998 dont 60 millions d'euros pour fermeture de sites. Ces charges exceptionnelles entraîneront des gains récurrents de 45 millions d'euros en année pleine et une amélioration du retour sur capitaux engagés de 1,2 point.
e) - Assainissement financier
Les liens contractuels de Rhodia avec sa maison mère ont été entièrement revus au cours de l'exercice.
La recapitalisation de 2,2 milliards d'euros réalisée en 1998 a permis de réduire la dette du Groupe qui est passée de 3 404 millions d'euros à 1 136 millions d'euros au 31 décembre 1998. Cette réduction de la dette permet une économie de frais financiers de 75 millions d'euros par an à partir de 1999.
Le ratio d'endettement net sur fonds propres, négatif en 1997, est de 52% à la fin de l'exercice.
Cet assainissement financier donne une nouvelle flexibilité stratégique à Rhodia.
f) - Concentration sur la chimie de spécialités
Poursuivant sa concentration sur des activités moins cycliques et à plus forte valeur ajoutée, Rhodia a finalisé 16 cessions en 1998, représentant 430 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le Groupe s'est en particulier complètement désengagé du polyester en Europe, ainsi que d'une première tranche d'activités polyester au Brésil.
Parallèlement Rhodia a renforcé ses positions dans ses métiers stratégiques :
> la Division Polyamide, 2ème producteur mondial de sa spécialité, a consolidé ses débouchés aval par l'intégration à 100% de Nyltech (plastiques techniques) et de Novalis (fibres de performances) ; avec la prise de participation dans Stilon en Pologne et l'acquisition des minoritaires de Chemlon en Slovaquie, elle dispose désormais de nouvelles capacités bénéficiant de coûts de production très compétitifs.
> avec le rachat de Holmes Chapel (UK), la Division Organique Fine s'est dotée d'un outil de production polyvalent aux normes cGMP (bonnes pratiques de fabrication) et fournira rapidement le marché de la chimie pharmaceutique (production de molécules exclusives), qui croît fortement sous la demande de sous-traitance des grands Laboratoires internationaux.
g) - Autonomie progressive
L'introduction à la bourse de Paris et de New York, le processus de filialisation de ses Entreprises et la recapitalisation intervenue en 1998 ont concouru à faire de Rhodia un Groupe de plein exercice disposant de son autonomie financière.
h) - Versement du premier dividende
Il sera proposé au prochain Conseil d'Administration de verser 35 millions d'euros au titre des dividendes, soit une distribution de 30% du résultat net conformément à ce qui était annoncé aux actionnaires. Sous réserve de l'approbation par l'Assemblée Générale qui se tiendra le 15 Avril 1999 à La Défense, le dividende par action pourrait être arrêté à 0,30 euros, avoir fiscal compris.
II / - Accélération du changement et nouveaux progrès en 1999
Malgré une conjoncture qui risque de rester peu soutenue en début d'exercice, Rhodia entend faire progresser à nouveau, et de manière significative, son résultat 1999.
a) - Une équipe de Direction générale resserrée
Afin de pallier les effets conjoncturels, et comme suite au départ de Martin Pinot qui a rejoint Rhône-Poulenc dans le cadre du projet Aventis, la Direction Générale du Groupe est désormais assurée par une équipe resserrée choisie au sein du Comité Exécutif.
Animée par Jean-Pierre Tirouflet, Président Directeur Général, elle se compose de 5 Directeurs Généraux délégués ; Jean-Claude Bravard, Bernard Chambon, David Eckert, Pierre Lévi et Michel Ybert.
b) - Des charges mécaniquement plus faibles
Un certain nombre de décisions prises dans le courant de l'exercice 1998 aura des effets mécaniques positifs sur le résultat net de 1999 et les exercices futurs.
Il s'agit, pour l'essentiel, de l'effet des provisions (restructurations, fermetures de sites industriels), de l'amélioration des marges liée aux cessions d'activité peu rentables et de la réduction des frais financiers.
c) - Des actions de redressement transversales
Afin d'accélérer le changement et le redressement de la rentabilité de Rhodia, plusieurs actions transversales, définies au dernier trimestre 98, sont en cours d'exécution :
> le programme "Achats" destiné à optimiser l'efficacité tout en réduisant sensiblement les coûts. Des économies de l'ordre de 40 millions d'euros sont attendues dès 1999, avec un objectif annuel de 150 millions d'euros dans les trois ans,
> la révision du processus d'innovation.- Les programmes Recherche et Développement ont été évalués et redéfinis, leurs ressources réaffectées de façon à accélérer la sortie de produits, de solutions et de systèmes innovants à plus forte valeur ajoutée,
> la réduction des frais fixes et l'amélioration de la performance industrielle par l'application des " meilleures pratiques " industrielles utilisées par les Groupes mondiaux les plus performants,
> le développement d'une culture de résultats avec l'évaluation des cadres dirigeants, la fixation d'objectifs semestriels et l'élargissement de la part variable des rémunérations.
d) - Renforcement des métiers stratégiques
L'exercice 1999 devrait entraîner de nouveaux changements du périmètre de Rhodia.
Outre la sortie de Rhodia Ster, il est prévu de dénouer, dès le 1er trimestre 99, la Co-Entreprise Fairway constituée en 1995 avec Hoechst pour l'Amérique du Sud.
Ce dénouement prévoit la cession de l'activité polyester à Hoechst, Rhodia reprenant l'activité polyamide (fils industriels, fils textiles, fibres tapis en polyamide 6.6) qui a réalisé un chiffres d'affaires de l'ordre de 147 millions d'euros en 1998.
Cette activité rejoindra la Division polyamide de Rhodia qui vient, début 1999, d'acquérir le N°1 des plastiques techniques en Corée du Sud (avec un chiffre d'affaires de l'ordre de 37 millions d'euros).
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Commentant ces résultats 98 devant les cadres dirigeants du Groupe, Jean-Pierre Tirouflet a déclaré :
" Rhône-Poulenc a annoncé, dans le cadre du projet Aventis, la perspective de la cession de sa participation dans Rhodia. Cette annonce est intervenue au moment où le cours de notre titre a souffert du discrédit du secteur de la chimie de spécialités. Aujourd'hui je suis convaincu que les progrès réalisés en 1998, ceux que nous allons réaliser dès 1999 et au cours des exercices ultérieurs, consacreront le redressement de Rhodia, sa capacité à créer de la valeur pour ses actionnaires et se reflèteront équitablement dans le cours de son action. Nous disposons des atouts pour réussir. Notre destin est entre nos mains ".
